| optimisé pour un affichage 1024 pix | Date : 07-01-2009 |

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La Provence d'aujourd'hui nous annonce que Luc Vanrell et Jacques Pradel ont retrouvé le pilote qui a abattu Antoine de Saint-Exupéry, le 31 juillet 1944.
Ils publient un livre sur le sujet qui sortira en fin de mois.
La thèse du combat était possible, bien que les traces soient difficiles (pour ma part, elles avaient été impossibles à retrouver quand je travaillais sur le sujet au Service historique de l'armée de l'air) à retrouver dans les archives allemandes dont une partie a disparu. Espérons juste que le bourreau présumé de Saint-Exupéry, Horst Rippert (frère cadet d'Ivan Rebroff) ne soit pas un nouveau Eichele...
Je vais ressortir mes dossiers, lire avec soin l'article et le livre. J'espère que la biographie de Saint-Exupéry sur Cocardes aura bientôt un point final !
A lire aussi ce très beau texte de fiction :
http://www.history.cocardes.org/article … amp;pg=923
exploitant une des pistes longtemps suivie par de nombreux détracteurs du sujet Saint-Exupéry : le suicide.

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L'oeuvre littéraire et aéronautique de St Ex est remarquable ; que de passions suscitées par elle !
Mais quand on lit le livre de son épouse Consuelo , on découvre aussi un " Tonio " fieffé coureur de jupons .
Sait-on vraiment pourquoi il paraissait aussi désenchanté vers la fin de sa vie , dans ses écrits ?
On a même suggéré qu'il souhaitait volontairement abréger ses jours , par manque de perspectives enthousiasmantes pour son avenir ?
Qu'en pense Hervé ? Et Christian ?
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J'en pense qu'il est difficile de se mettre dans la peau et dans la tête d'un autre. Plus encore quand cet autre est un inconnu et qu'il a vécu à une époque qu'on a pas vécu soi-même dans les mêmes conditions.
Certes, Saint-Ex, écrivain, s'est livré dans ses écrits. Certes il avait aussi des proches qui ont parlé de lui, qui ont révélé certains points de son intimité (ou de ce qu'ils ressentaient comme son intimité). Mais dans ce genre d'étude, nous sommes à l'opposé de toute logique cartésienne...
Pour ma part, je pense que Saint-Ex était confronté à ce que tout homme qui a passé la quarantaine a vécu :
diminution de ses capacités physiques (lui en plus était diminué par un accident d'avion qui l'avait beaucoup amoché) et sensation d'avoir déjà fait la plus longue partie du chemin. Savoir qu'il va falloir faire d'autres choses, que certaines choses faites dans le passé ne sont plus autant accessibles. Moment de faire le point, regarder le passé, imaginer l'avenir. Certains flanchent, mais la plupart passent le cap, heureusement. Et Saint-Ex était un homme fort, malgré toute sa sensibilité.
Je ne pense pas qu'il faille aller chercher dans son désenchantement des causes extérieures à lui-même. Je ne pense pas non plus qu'il ait choisi de mettre fin à ses jours. Et en tous cas pas dans une machine si précieuse et fort utile à la lutte contre l'oppresseur de la France.
Quant au Tonio coureur de jupons, oui, c'était une de ses qualités, comme savoir être agréable à vivre en société, bon vivant... Mais on lui connaît davantage une longue aventure avec une maîtresse (qui s'en est toujours cachée publiquement) que plein d'aventures de passage...

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rvbcocardes a écrit:
Quant au Tonio coureur de jupons, oui, c'était une de ses qualités ...
Oups ! Pas d'accord !
Hervé serait-il , lui aussi , un Don Juan ?
Dire que St Ex a failli épouser Louise de Vilmorin laquelle a fini sa vie avec un autre écrivain de talent :
André MALRAUX !
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Bon, l'hypothèse du combat est difficile à admettre surtout sur le lieu du crash. Il aurait fallu que Saint-Ex soit touché bien plus loin, hors de ce secteur où le témoin du crash ne fait pas mention de bruits de combats (pourtant les armes d'un Bf 109 crachant sa mitraille c'est très bruyant !).
Pour Rippert, pas trouvé de traces de la moindre revendication au 31/7/44... Va falloir attendre des preuves vraiment tangibles.

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Je ne crois pas à la thèse du suicide. Je pense plus simplement qu'il s'est fait descendre sans combat, par derrière (St Ex était un homme assez distrait aux commandes), ou qu'il a eu un malaise (il avait largement dépassé la limite d'âge pour piloter un P-38). Mais où ? Tant qu'on aura pas retrouvé une plaque constructeur de son Lightning, le doute subsistera toujours.
Le 5 juillet 1944 Rippert abattit un P-51 Mustang dans les environs de Marseille et le 24 juillet un quadrimoteur B-24 Liberator, toujours près de Marseille, mais aucun Lightning. Cependant Rippert déclare 9 victoires, sur 20, qui n'ont pu être identifiées..
Donc, "wait and see", ou plutôt "wait and read", ce nouveau livre.. Gageons qu'il y en aura bien d'autres. Certains morts n'arrivent jamais à mourir !
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L'épave de son avion a été retrouvée et identifiée. Elle est maintenant au Musée de l'air (partiellement). Bien sûr, ça aurait été trop beau, les ailes n'ont pas été retrouvées. Et le pilote allemand aurait "tiré sur les ailes".... selon l'article :
http://www.laprovence.com/articles/2008 … xupery.php

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En tout cas, bravo pour la pub ! Le livre va avoir du succès. L'opération de promotion me semble parfaite.
Hervé, tu es sûr qu' Armand Jaquet n'a pas descendu St Ex ?
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et bien, je vais lui demander, mais il y a en effet un doute !!!!

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Pour revenir sur les propos de Rippert. Il situe l'attaque vers 14h30, une heure bien tardive. A cette heure, l'avion de Saint Ex tenait l'air depuis 6 heures, et il ne devait plus avoir de carburant. D'autre part, un témoignage situe le même jour un combat au dessus de Brignolles, vers MIDI, mais entre DEUX avions allemands et un avion allié. L'avion allié touché serait parti vers la mer..
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D'où tiens-tu cet autre témoignage ? Je n'en ai pas souvenir...
A noter aujourd'hui en kiosques un contre-article chez Minute. La une titre : Saint-Ex: Curieux Scoop.

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C'est dans le livre "Saint Ex, la fin du mystère" page 207, le témoignage de Mme Suzanne Maso (11 ans à l'époque des faits). Son témoignage serait corroboré par celui d'un certain adjudant Poulet interrogé par Daniel décot. On cite également "Joseph Costela, le jeune travailleur de la gare de Cassis". Ces témoignages dateraient de 1990-95.
Il est vrai que le scénario d'une attaque en fin de mission, quand St Ex prenait le cap de la Corse au dessus de la mer, et que son attention devait se relâcher (à cause de la fatigue aussi) est très séduisante.
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Hervé, je viens de lire ton interview dans Minute. Je crois que tu as parfaitement raison : il faudrait pouvoir consulter le carnet de vol de ce Mr Rippert qui a l'air un peu louche. Jamais un pilote ne se sépare de son carnet de vol, même s'il ne vole plus depuis des années. Mais je me doute que ce carnet a dû disparaître, pour une raison ou une autre...
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Je n'ai jamais exploité les archives de la gendarmerie. Commune par commune à la date du 31 juillet 1944. Mais je pense que Germaine L'Herbier-Montagnon a dû le faire... Enfin, peut-être un truc à faire, on sait jamais...
On ne peut malheureusement pas prendre en compte des dates dans des témoignages d'événements aussi lointains, à moins qu'il y ait des références précises... Genre, j'ai vu ça, je me souviens que c'était tel jour parce que je fêtais mon anniversaire quand c'est arrivé...
Il y a quelque temps, j'avais questionné deux mamies qui ont été témoins de combats au-dessus de la haute vallée de l'Arc. Elles m'ont décrit précisément les combats et m'ont même désigné le lieu du crash d'un avion. Lieu bien identifié j'ai même retrouvé des morceaux d'avion sur ce lieu. Elles m'ont dit que cela s'était passé en hiver parce qu'elles étaient dans le champ en train de tailler leurs vignes. Or le pilote de l'avion crashé est mort dans le crash. Son corps a été enlevé par le garde champêtre et les gendarmes et... il a été enregistré sur les documents municipaux puisqu'il a été inhumé dans le cimetière communal. C'était le ... 12 AOUT 1944 !!! (en plein hiver, quoi !)

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Tout à fait d'accord. J'ai passé ma vie à enquêter et je connais la fragilité des témoignages, non seulement en ce qui concerne les dates, mai aussi les évenements.. Combien de jeunes adolescents français en 1944, faisaient la différence entre un P-38, un P-51 ou un P-47, voir un Bf 109 ? Il faudrait pouvoir confronter TOUS les témoignages, en évitant ceux de dernières minutes, et voir les points de convergence, si'l y en a.
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Naturellement, quand il y a une photo d’avion sur la couverture d’un livre, il faut que je me précipite ! J’ai donc acheté le dernier livre de Pradel et Vanrell sur le "mystère" Saint Ex.. Et puis, si on veut en parler, il faut bien l’avoir lu, c’est la moindre des choses.
Bref, d’abord une première remarque, les « révélations » de Hosrt Rippert n’occupent que 18 pages sur 173 (hors annexes). Ce monsieur est très concis et n'aurait d'ailleurs plus rien à dire. Presque tout le livre est donc un rappel des livres antérieurs sur la recherche de l'avion de Saint Ex.
Selon Rippert :
-il a trouvé Saint Ex après Toulon alors qu’il faisait route VERS Marseille !
-Il était à 2 ou 3 000 m d’altitude
-il volait en zigzag, en décrivant de « grandes courbes »
-il regardait toujours vers la bas (cherchait-il sa gourmette ?), sans s’occuper de ses arrières.
-Horst tire sur les ailes (là où il y a les moteurs et les turbos).
-Une fois touché, l’avion de Saint Ex part en chandelle, puis s’écrase « droit dans l’eau » (à la verticale ?).
-il annonce sa victoire par radio suivant une procédure obligatoire (?)
-cet appel est entendu par les Américains. Le sergent chef Jacquemont, photographe du II/33, aurait eu ce tuyau de deux officiers américains (ce « fait » fut repris l’année passée dans une émission de télé sur la dernière mission de Saint Ex ).
-un ouvrage écrit sur le JG200, ferait mention de l’évènement, selon Rippert.
-les radars allemands suivent l’avion de Saint Ex jusqu’à Draguignan, puis le perdent.
Voilà. Aucune évocation du carnet de vol de Rippert, perdu ou pas.
Pour résumer cette thèse : jusqu’à Draguignan, Saint Exupéry était sur le bon cap pour la Corse, puis, il passe sous la couverture radar (mais Rippert dit avoir vu l’avion entre 2 et 3000 m, à l’ouest de Toulon, ce qui l’aurait fait apparaître sur les scopes radars..) et se fait descendre à 90 km de là, au dessus de la mer, près de l’île de Riou, sans réagir, alors que son avion se dirige sur un mauvais cap, en volant de façon ondoyante.
De là, à penser que Saint Ex n’était plus conscient à partir de Draguignan, et qu’il avait eu un malaise, il n’y a qu’un pas..mais faut-il le franchir ? Rippert ne nous raconte-t-il pas une histoire « à dormir dans un cockpit » ? Rétrospectivement, on se rend compte que le P-38 de Saint Ex, avec le cap qu’il avait, a failli boucher le port de Marseille. Oh, peuchère !
Suite au prochain numéro de ce passionnant feuilleton..après « La fin du mystère », « L’ultime secret », bientôt dans vos librairies, « La solution de l’énigme » !
Pauvre Saint Exupéry.
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quelques détails donnés par le livre de Pradel et Vanrell :
- St Ex portait souvent sur lui une image pieuse de Thérèse de Lisieux car elle connut comme lui la nuit obscure , le doute et la détresse .
- il aimait le chant grégorien .
- lors de son séjour à New York , au début des années 40 , il avait été mis au courant du projet Manhattan , donc de la préparation de la bombe atomique , l'une des causes de son désenchantement relatif à l'évolution de la civilisation .
Par ailleurs , qui a déjà séjourné dans la chambre qu'occupait St Ex à l'hôtel " Le grand balcon " , place du Capitole à Toulouse , dans les années 30 ? J'avais téléphoné à ce sujet à la réception de l'hôtel , il y a quelques années déjà ; on m'avait dit : cette chambre est restée volontairement en l'état , depuis l'époque où St Ex pilotait sur le terrain de Toulouse-Audran ; bien qu'elle soit vétuste , elle ne désemplit pas , il faut réserver longtemps à l'avance !
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Vous voulez sans doute parler du terrain de Toulouse-MONTAUDRAN ?
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Oui , sorry pour l'appellation approximative !
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