| optimisé pour un affichage 1024 pix | Date : 11-10-2008 |

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Souvenirs d'enfance , souvenirs de guerre : de NEBING à la SORBONNE !
C'était en 1943 , en pleine 2* guerre mondiale , l'année où les " Buchenländer" dont ma famille , sont venus coloniser le village mosellan de Nébing . Le terrible Adolf Hitler avait décidé leur déportation forcée , comme celle de tous les Roumains de Bukovine ( = Buchenland , en allemand ) d'origine germanique . Mon père Ferdinand , ma mère Anna , ma soeur aînée Erika , avaient d'abord transité par la Tchécoslovaquie où je suis née en 1941 ( et mon petit frère Fredy en 1943) avant de s'établir en Lorraine , sous la contrainte .
La ferme de la famille Prouvé nous a accueillis ; nous avons sympathisé avec les enfants de sorte qu'au mariage de Renée Prouvé , j'ai été choisie comme mini-demoiselle d'honneur et j'ai découvert avec effarement de curieuses moeurs rurales ; en effet , après la bénédiction nuptiale à l'église , après l'apéro chez Courte , puis le repas de noces dans la ferme Prouvé , les jeunes époux s'étaient aussitôt éclipsés dans la chambre à coucher contigüe au salon où les invités continuaient à s'en donner à coeur joie , émoustillés par l'alcool. Mais au bout d'un temps assez bref , la porte de la chambre nuptiale s'est ouverte brusquement et un spectacle indécent s'est offert à nos yeux : les deux époux étroitement enlacés dans le grand lit de noces , l'air un peu gêné , essayant néanmoins de sourire !Ils avaient , bien sûr ,déjà " consommé" ! Encore heureux que les draps tachés de sang n'aient pas été exhibés , comme le voulait la coutume en Italie , pour attester de la virginité de l'épousée ! J'espère que cette coutume barbare n'est plus en vigueur à Nébing , ni ailleurs !
En 1944 , après le débarquement des troupes alliées en Normandie puis leur déferlement vers l'est , des jeeps américaines ont défilé dans le village ; nous découvrions , à notre grande surprise , des GI de couleur noire ; l'un deux a même offert à ma mère la belle poupée en celluloïd qui décorait sa voiture , ayant appris qu'elle avait des enfants en bas âge ; curieusement , nous les petits , lui avons arraché la tête qui ne nous revenait pas ; mais ma mère couturière s'est empressée de la recoudre ; d'autres soldats nous ont offert du chocolat , un délice en cette époque de sévères restrictions alimentaires . Mais des souvenirs moins plaisants sont aussi liés à ce passage de la soldatesque cosmopolite : des combattants s'étaient installés dans le grenier des Prouvé et y avaient même implanté un émetteur , un danger pour notre maison devenue ainsi plus facilement repérable par l'aviation ennemie ; et nous avons effectivement été bombardés , une bombe est tombée dans le jardin et a blessé un voisin , je vois encore son visage fortement ensanglanté ; un autre Nébingeois a eu les deux jambes sectionnées et n'a pas survécu , probablement le seul décès de civil dans la commune .
Nous n'avions pas de jouets ,à part une pauvre petite balle avec laquelle nous jouions à " balle au mur " en récitant des comptines ; ma mère nous lisait , avant de nous mettre au lit , les contes enchanteurs des frères Grimm , en langue allemande , un livre donné en cadeau par le médecin du village voisin de Torcheville
( surnommé Torchecul ) qui venait nous soigner .
Mais c'était insuffisant pour me tenir en haleine ; alors , bien que n'ayant pas encore l'âge scolaire , j'ai suivi ma soeur aînée à l'école , dans la classe unique tenue par Mle Eschenbrenner ; elle fut étonnée par la vitesse avec laquelle j'ai appris à lire ; je me rappelle que le directeur de l'école , Mr Schmitt , a fait irruption dans notre classe un beau matin et m'a demandé de le suivre dans sa propre classe de garçons pour que je leur prouve ma célérité de lectrice !
Un petit élève de notre école , habitant de Montdidier d'où il venait à vélo , avait créé la surprise en nous apportant , dans un papier journal , un gros cadavre d'oiseau de couleur jaune vif : " un loriot" s'est exclamé l'institutrice , nous étions tous émerveillés par cette teinte lumineuse , cela nous changeait des ternes moineaux . Y a-t-il encore des loriots dans le canton de Nébing ?
Nous nous promenions avec toute la classe , à la belle saison , par champs et forêts , parfois du côté du petit étang où grouillaient les rainettes ; une fois , le sévère abbé Caromelle nous avait accompagnés , le soleil tapait fort , j'ai souffert d'un violent mal de tête qui m'empêchait d' avancer ; l'abbé a alors conseillé à ma soeur de me bander les yeux avec son propre foulard pour me soustraire aux rayons ardents ; ma céphalée disparut comme par magie et nous pûmes rentrer tous au bercail sans encombre , en chantant à tue-tête .
Une rumeur curieuse circulait dans le village : durant la première guerre mondiale , le jeune Adolf Hitler qui était alors simple caporal , aurait transité par Nébing lors de l'envahissement de la Lorraine par les " Boches " ; pour se détendre , lors d'une accalmie , l'artiste-peintre qu'il était aussi , aurait laissé quelques aquarelles de sa facture sur les murs de l'école .Légende ou pas ?
Les 3 maris de la fratrie K... avaient trouvé un emploi chez Pierron , une entreprise florissante de Nébing ; mais en 1948 , mon père attiré par les salaires plus élevés aux HBL ( Houillères du Bassin de Lorraine ) fut embauché par cette entreprise charbonnière et nous avons déménagé à la cité minière " La Chapelle " , à cheval sur les 2 communes de Freyming-Merlebach et de Hombourg-Haut .
Ce fut heureux pour les enfants car nous pûmes nous inscrire dans les pensionnats de Merlebach et de Forbach tenus par des religieuses et passer ainsi notre bac ; ma soeur entra au couvent de Saint Jean de Bassel , dans la congrégation des enseignantes de Merlebach , celles qui avaient aussi enseigné à Nébing jusqu'en 1940; elle obtint trois licences universitaires par la suite : français , anglais , théologie et alla même enseigner jusqu'au Kentucky , aux USA . Pour ma part , j'ai opté pour les sciences et j'ai soutenu ma thèse de maths en 1964 , à l'âge de 23 ans , à l'université de Strasbourg où j'ai enseigné de 1964 à 68 avant de me transférer à Paris , à la Sorbonne , où j'ai été titulaire de 1969 à 2001 , date de mon départ à la retraite .Je suis restée célibataire , sans enfant . Quant à mon petit frère , il a choisi la musique et le tennis .
Une expérience enthousiasmante dans ma vie : le brevet de pilote d'avion de loisirs que j'ai décroché sur le terrain de Saint Cyr l'Ecole ,quand j'habitais à proximité , dans la ville nouvelle de Parly 2 . Plus tard , cela m'a permis de sympathiser avec le célèbre pilote d'essais du Concorde , André TURCAT , rencontré lors d'un colloque sur la conquête spatiale ; il m'a fait l'honneur de venir randonner avec moi dans notre merveilleuse forêt de Fontainebleau , au coeur de laquelle je réside maintenant depuis une trentaine d'années ; un article a été diffusé à ce sujet , dans le journal local " La république de Seine et Marne " , photo à l'appui .
Voilà bien longtemps que je ne suis retournée à Nébing mais il m'est arrivé de survoler le village aux commandes de mon avion , notamment par nostalgie peu après la mort de mon père ; plus récemment , je l'ai redécouvert sur mon ordinateur , vu du ciel avec le logiciel " Google -earth" ; la précision est telle que j'ai pu distinguer le grand noyer , devant la maison de ma tante Zita toujours en vie à plus de 90 ans . Merveille de l'informatique !
Longue vie à tous les Nébingeois et meilleurs voeux d'expansion florissante au village de mon enfance : Nébing ! Mais , comme disait le pape Paul VI à l' ONU :
" Plus jamais la guerre "
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Lors de l'année universitaire 1967-68, j'étais étudiant en licence à la Fac des Lettres de Strasbourg (spécialité : géographie tropicale, professeur Jean Gallais). Nous nous sommes peut-être croisés...
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christian a écrit:
Lors de l'année universitaire 1967-68, j'étais étudiant en licence à la Fac des Lettres de Strasbourg (spécialité : géographie tropicale, professeur Jean Gallais). Nous nous sommes peut-être croisés...
A quelle adresse logiez-vous à Strasbourg ? Moi , c'était : 11 avenue de l' Esplanade .
Les étudiants et enseignants de la fac de lettres ( la vôtre ) et de la fac de sciences ( la mienne )
ne se mêlaient guère , sauf peut-être au " Restau U " !
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J'avais une chambre dans le parc du chateau Pourtalés, puis à la nouvelle cité de la Wantzenau (ou Robertsau, je ne me rappelle plus très bien..). J'avais des cours au Palais, à l'Esplanade, et à l'institut de géographie, rue Goethe.
Resto au FEC, à la Galia ou à l'Esplanade.
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Eh bien , nous avons effectivement des souvenirs communs !
Avez-vous connu le tout nouveau bâtiment universitaire de l'Esplanade , partagé entre les matheux et les géophysiciens ?J'y ai enseigné de 67 à 68 , date de mon départ pour Paris ; il y avait un charmant jardinet intérieur avec mini-piscine et nénuphars dans ce bâtiment , j'espère que les plantes luxuriantes existent toujours ...
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Non, je ne me rappelle que le magnifique bâtiment de la Fac de Droit fait avec du marbre sombre destiné au palais présidentiel du président Ouphoüet Boigny de la Côte d'Ivoire, qui n'en avait pas voulu !
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Et vous vous rappelez probablement aussi la tour de l'Institut de chimie , toujours à l'Esplanade .
L'un des enseignants y a fait une belle carrière puisqu'il a eu le prix Nobel de chimie , sa femme était ma collègue au Département de maths , spécialisée en mécanique théorique ( j'ai , moi aussi , un certificat de mécanique .. )
son nom : Jean-Marie LEHN ; depuis , il a abouti au Collège de France , ce haut-lieu de la science , à Paris , et probablement aussi à l'Académie des sciences .
Peut-on connaître votre nom de famille ( en MP ) ?
Dernière modification par kosmanek (28-02-2008 14:27:34)
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Aaah , le petit cachottier qui ne veut pas donner son nom de famille !
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C'est pourtant simple. Vous allez sur Aeromovies.fr et mon nom est en bas à gauche des fiches de film..
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OK !
J'ai fait des recherches sur Google ; je raffole de cacao ....
Dernière modification par kosmanek (12-03-2008 20:40:26)
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Oui, je vois, mais il serait plus intéressant de faire des recherches sur les avions ou les films d'aviation, que sur ma petite histoire qui n'intéresse personne ici.. Cocardes ou Aeromovies ne sont pas des sites de rencontre ou de retrouvailles, genre Copaind'avant, etc..
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quelques précisions sur " mes " avions ; j'ai volé sur :
- Jodel D112 à l'aéroclub André Tesson de St Cyr l'Ecole
- Jodel D120 à l'aéroclub Tissandier , toujours St Cyr
- Rallye (bas de gamme ) chez Sotravia (pas un aéroclub ) à Toussus le Noble , plus huppé que St Cyr !
- Aussi quelques vols à partir de Guyancourt ( l'aérodrome n'existe plus ) Chavenay , Moret-Episy, ..., sur des Robin , entre autres !
Sans parler de mes multiples navigations tous azimuts !
Existe-t-il encore des Jodel opérationnels ?
Les vieux Rallye tiennent encore le coup , je crois , dans de nombreux aéroclubs ; leur pilotage est vraiment aisé !
Dommage que le modèle " Fandango" d'hélicoptère biplace semble ne pas encore être opérationnel ; on nous promettait des tarifs horaires comparables à ceux des avions-école ! Qui en sait davantage à ce sujet ?
Dernière modification par kosmanek (13-03-2008 20:21:39)
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Il y a encore plein de Jodel qui volent. un tour sur le site tagazous suffira à vous en convaincre !

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